C’est l’histoire d’un homme qui vient tout juste d’avoir 70 ans. Exerçant le double métier de jardinier et de Père Noël, ce vieux-jeune homme n’est pas au bout de ses découvertes et de ses étonnements. Pour lui, la vie ne fait que commencer… À la fois conte et journal intime, ce livre plein de fraîcheur et de grâce, célèbre l’art de l’attention et du bonheur.
revue l’âme et le cœur
Des pages bucoliques, poétiques, fraîches comme une brise reçue à l’ombre d’un saule.
rustica hebdo
En matière d’hymne à la vie, Thierry Cazals est un récidiviste. Après Le rire des lucioles, il nous invite à écouter les bruits et les silences de la nature, à savourer chaque seconde “comme si elle était la clef-de-voûte de toute notre existence”. Démontrant que la capacité d’étonnement n’a pas d’âge. Et soulignant, en définitive, que “quand on est jeune, c’est pour la vie”.
midi libre
Un libraire à la campagne - Le Bleuet pousse bien
Joël Gattefossé, un ancien ébéniste-charpentier, a fondé à Banon, village provençal, une des meilleures librairies de France. Banon, un village médiéval de Haute Provence aux 878 âmes, est connu depuis toujours pour son fromage de chèvre et désormais pour sa librairie, le Bleuet, fondée par Joël Gattefossé il y a onze ans.
Cet adepte du vice impuni, la lecture (Valery Larbaud) force l'admiration de René Frégni, voisin de Manosque, supporteur de la première heure et auteur d'Où se perdent les hommes : Ce petit Viking a érigé un empire livresque et transmis sa passion de la littérature aux gens d'ici. Tout le monde lit. Même les illettrés, les aveugles et les gendarmes. Et les paysans sur leur tracteur suivent le sillon en dévorant Giono dans la Pléiade ! Quel fada, quel fou rêveur, enchérit Gilbert Fabiani, autre écrivain du terroir venu lui apporter sa Petite Anthologie culinaire du pain (Equinoxe), tout frais sorti des presses. Joël, c'est un envoyé de Dieu, un saint...
Ça tombe bien, interrompt le libraire, gêné par tant de louanges, aujourd'hui, c'est ma fête, allons trinquer ! Joël Gattefossé est né il y a cinquante ans à Courances, dans l'Essonne. La proximité de la forêt de Milly a fait de lui un ébéniste-charpentier, métier qu'il exerça pendant vingt-six ans. Dans les années 80, Joël perd sa mère, et peu de temps après, son père, imprimeur. J'ai pété les plombs.
Dépression. Arrive Rosemarie, une jeune Provençale, qui le conduit au soleil. La beauté de la nature l'apaise ; les livres où l'on trouve tout ce qu'on ne sait pas dire, le guériront. L'été 1990, Joël acquiert le Bleuet, une librairie-papeterie désuète de 54 mètres carrés sur la place Saint-Just.
Bientôt des milliers d'ouvrages envahissent les murs, l'escalier et son minuscule pigeonnier. En 1999, il en empile jusqu'à 25 000, dans le désordre. C'est sa façon d'y voir clair.
Après des années de galère, l'estranger a acheté la maison d'à côté, où il a installé en avril dernier sur 200 mètres carrés une librairie riche de 45 000 ouvrages, ce qui ferait pâlir plus d'un confrère. Tout de suite à gauche de l'entrée s'élève un impressionnant parc de l'imaginaire, la fierté du Bleuet : la Pléiade au complet (479 titres !). Je suis très NRF, avoue le libraire, et la Pléiade, c'est la noblesse du livre. Ce jour-là, Joël a vendu 126 ouvrages : Un bon jour, mais ce n'est pas exceptionnel. Un Librio à 10 francs ou un ouvrage coûteux de Citadelles & Mazenod, peu importe, un livre est un livre ! Ses prévisions de vente pour août : 3 500 exemplaires, après avoir atteint en juillet les 2 500.
Joël nous recommande Quoi de neuf aujourd'hui ? de Thierry Cazals (OPALE), l'hymne à la vie d'un vieux jardinier, qui l'avait bouleversé. Et il sort du rayon Permission d'être heureux de Thyde Monnier, son oeuvre fétiche parue chez Gallimard en 1952, avec le bandeau de l'époque : le Marchand de bonheur. Eh bien, c'est moi aujourd'hui ! , s'exclame-t-il, radieux.
Comment le libraire de Banon gère-t-il la rentrée littéraire ? Avec ses 575 romans, elle est démentielle. Cela ne se gère pas, j'attends de voir. Si l'on en croit la rumeur, elle sera de nouveau marquée côté fesses. Sans tarder, il a lu Plateforme, le nouveau Houellebecq, dont il avait aimé les Particules élémentaires. Verdict : Je suis fasciné ! Dès les premiers mots, je me suis abandonné à cette histoire d'assassinat du père. C'est fort bien écrit, meilleur encore que les "Particules", car l'auteur a mûri. Ce sera un plaisir de le vendre.
Librairie le Bleuet, place Saint-Just, 04150 Banon, Alpes-de-Haute-Provence (04 92 73 25 85)
Ruth Valentini - Nouvel Observateur semaine du 23 août 2001
N°1920 Copyright © 2001
